Le centre bus

Le Centre bus de Montrouge : 128 ans d’histoire

Construit en 1883-1884, le dépôt de bus RATP dit « dépôt de Montrouge », est situé dans le XIV ème arrondissement de Paris, entre la rue du Père Corentin, la rue de la Tombe-Issoire et le boulevard Jourdan.

 

Ouvert en 1884 par la compagnie générale des omnibus dans le tout nouveau quartier parisien du « Petit Montrouge » entre les rues de la Voie-Verte, le dépôt de la porte d’Orléans n’a cessé d’être, durant ces 128 ans, agrandi, remanié et restructuré.

 

L’adaptation du dépôt de Montrouge

Lors de la substitution des autobus aux omnibus de 1906 à 1913, la dépendance à la traction animale disparaît peu à peu. Le dernier hippomobile circule en 1913. Les chevaux des tramways du dépôt de Montrouge sont remplacés par les nouvelles motrices à air comprimé dés 1900, date à laquelle le dépôt est transformé pour les accueillir.

Le renouvellement de la concession de la CGO en 1910 entraîne la modernisation complète du réseau et notamment l’électrification de toutes les lignes. L’abandon de la traction animale et de la traction mécanique allait permettre une restructuration des dépôts et leur modernisation, entraînant l’apparition des grands dépôts abritant 100 ou 150 voitures.

Historique

Par décret du 25 décembre 1920, le département de la Seine rachète à la CGO la concession des différentes lignes de tramways constituant le réseau dit “réseau municipal de tramways”.

Par ailleurs, il acquiert la concession du service public des voitures dites omnibus dans l’enceinte de Paris, ainsi que tous les biens immobiliers de la CGO dont le dépôt de tramways et d’omnibus de Montrouge-Montsouris. Le département met tous ces biens à la disposition de la STCRP (Société des Transports en Commun de la Région Parisienne), qui en 1921 absorbe toutes les compagnies de transport en commun de Paris.

Dés lors la STCRP commence une nouvelle modernisation des dépôts, en installant, par exemple, des machines à lavage automatique des tramways au dépôt de la Croix-Nivert le 15 avril 1925 puis à Malakoff et à Montrouge. Ce dernier reste un des principaux dépôts puisqu’en 1921, il a une capacité de 175 voitures. Cette modernisation n’avait pas anticipé l’arrivée de l’automobile qui bouleverse l’activité du transport en commun.

La fusion entre les dépôts de Montrouge et de Montsouris

Cette fusion envisagée, dés le 4 février 1960, est justifiée par la volonté de réaliser un certain nombre d’économies. En effet, le site tel qu’il se présentait dans les années 1950 était constitué de deux établissements: l’ancien dépôt de tramways de Montrouge, transformé en dépôt d’autobus vers 1934 et l’ancien dépôt d’autobus de Montsouris. Le premier pouvait accueillir 140 voitures et le second 60.

Le dépôt de Montsouris est par ailleurs, utilisé comme une dépendance de celui de Montrouge. L’encadrement, l’exploitation et l’administration de l’ensemble des deux établissements sont concentrés à Montrouge. Cette fusion permet de réduire les dépenses d’exploitation inhérentes à l’utilisation d’établissements séparés, impliquant la suppression de dix-huit postes et donc la réalisation d’une économie de 195 000 francs. Elle évitait également de doubler le volume des dépenses dans le cadre de la modernisation générale des établissements. Cette actualisation fut nécessaire pour adapter les dépôts au remisage et à l’entretien des autobus modernes et renouveler certaines installations anciennes.

Après des travaux de rénovation, il fut décidé de réunir les dépôts de Montrouge et de Montsouris en un dépôt unique d’une capacité de 200 autobus modernes ainsi que des travaux de rénovation.

Le dépôt de Montrouge aujourd’hui

Le centre bus de Montrouge est particulièrement important par sa situation de trait d’union entre Paris et sa banlieue Sud.

Il accueille quinze lignes de bus, 5 qui desservent Paris intra muros et dix qui desservent la banlieue auxquelles il faut ajouter deux lignes du réseau de nuit Noctilien.

Ce centre, disposant d’un relais à Massy depuis l’année 2000, a ainsi en charge le remisage et la maintenance de 246 bus.

Les moyens humains gérés par l’établissement sont aussi représentatifs de l’importance du site. Il voit passer chaque jour plus de neuf cent employés: 736 machinistes, 85 mainteneurs et 81 agents d’encadrement.

Le centre vit toute l’année, 24/24, depuis la prise de service peu après quatre heures du matin et la fin de service à une heure, à cela s’ajoutent les lignes et les équipes de maintenance de nuit sur chaque site.

L’arrivée de la ligne T3 du tramway parisien, et l’augmentation des besoins en transports ont des conséquences sur le trafic du centre bus. Une nouvelle fois, tout comme il l’a déjà fait depuis plus d’un siècle, le centre-bus de Montrouge doit s’adapter aux évolutions et aux réalités de son époque. L’extension et la modernisation de cet équipement industriel s’accompagnent d’une opération d’aménagement, avec la création de logements privés et sociaux , d’une résidence pour étudiants, d’une crèche…

Source : Les métamorphoses d’un immeuble industriel, Le centre-bus de Montrouge, RATP- SEDP, janvier 2008, ISBN : 978-2-9519411-3-7

Pour le commander : http://www.sedp.com/publications/articles/page-1.html